Créneau, tenue, emplacement dans la salle : pour beaucoup de femmes, ces choix ne sont pas tout à fait libres. Le sexisme en salle de sport a désormais des chiffres : ceux d’une étude de l’agence Flashs pour le réseau l’Orange bleue, publiée le 13 octobre 2025. Le HuffPost l’a décortiquée le 17 octobre 2025, dans un article qui montre comment les femmes voient les salles de sport. Elles s’y entraînent, oui. Mais elles restent sur leurs gardes.
Ce que l’étude Flashs pour l’Orange bleue a mesuré en octobre 2025
Ce n’est pas un sondage de couloir. Sud Radio y a consacré un sujet le 24 octobre 2025. Et c’est un réseau de salles qui l’a commandée. Je trouve ça plutôt sain : le secteur regarde ce qui se passe entre ses propres murs.
Dans la rubrique Life du HuffPost, Aïda Djoupa en tire l’essentiel en une phrase : les femmes, « particulièrement les plus jeunes, ne se sentent pas à l’aise dans cet espace, notamment à cause du regard que les hommes posent sur elles ». Pour le média, la salle de sport « n’est pas épargnée par le sexisme qui traverse » le reste de la société.
Ce que j’apprécie dans ce traitement, c’est qu’il ne s’arrête pas au constat. L’intertitre central de l’article s’appelle « Des stratégies d’évitement ». Le cœur du sujet est là : ce que les femmes changent dans leur façon de s’entraîner pour pouvoir continuer.
Le sexisme en salle de sport en chiffres
Données Flashs / l’Orange bleue, oct. 2025
Sources : Le HuffPost (17/10/2025) ; Sud Radio (24/10/2025) pour les 58 %.
33 % des femmes exposées aux regards insistants, 47 % chez les 18-24 ans
Le chiffre le plus parlant porte sur le regard. Un tiers des femmes interrogées, 33 %, disent avoir été exposées à des regards insistants. Chez les 18-24 ans, on grimpe à 47 %. Presque une sur deux.
Un regard, ce n’est rien, diront certains. Les réponses de l’étude montrent que le regard pèse sur la pratique : 45 % des femmes se disent mal à l’aise dans la zone des machines de musculation, 22 % évitent certaines machines et 33 % s’habillent de façon à ne pas attirer l’attention.
Que les plus jeunes soient les plus touchées n’a rien d’anodin.

Le plateau cardio, l’un des espaces où l’on s’entraîne sous le regard des autres. Photo Gustavo Fring / Pexels
Près de 6 femmes sur 10 face à un comportement inapproprié
Le regard n’est qu’une ligne de la liste. Au total, « près de 6 femmes sur 10 déclarent avoir déjà été confrontées à au moins une situation de comportement inapproprié à la salle de sport », rapporte le HuffPost. Sud Radio donne le chiffre exact de l’étude : 58 %.
Parmi ces situations, une forme mérite qu’on s’y arrête : l’approche sous couvert d’entraînement. Le conseil non sollicité sur la position du dos, tout le monde l’a déjà entendu. Dans l’étude, 12 % des femmes disent avoir été abordées sous prétexte de faire un exercice ensemble.
Une femme sur trois considère désormais ces lieux comme hostiles, toujours selon Sud Radio. C’est le mot que le HuffPost a mis dans son titre. Il est juste.
Le saviez-vous ?
Chez les plus jeunes, l’écart est net : 47 % des 18-24 ans ont été exposées à des regards insistants, contre 33 % de l’ensemble des femmes interrogées. Source : étude Flashs pour l’Orange bleue, citée par le HuffPost le 17 octobre 2025.
Des stratégies d’évitement pour continuer à s’entraîner
C’est la partie la plus instructive. Face à ces situations, beaucoup de femmes ne renoncent pas au sport : elles s’organisent. Le HuffPost parle de « stratégies d’évitement ». Le terme décrit très bien ce que beaucoup font sans même y penser.
Ilhame, une habituée interrogée par Sud Radio, résume sa routine en une phrase : « Je choisis mes horaires, je porte des vêtements larges, je mets mes écouteurs. » Avant d’ajouter : « Je fais tout pour éviter les interactions. »
Relisez cette liste. Le créneau, la tenue, le casque. Trois décisions qu’on croirait personnelles, de pur confort, et qui servent en réalité de bouclier.
Ces stratégies ont un coût, et il se compte en séances. D’après Sud Radio, ces situations conduisent à changer ses habitudes, voire à se désabonner purement et simplement.

Un étirement sur tapis, à l’écart du plateau principal. Photo Vitaly Gariev / Pexels
46 % des femmes veulent un espace réservé dans leur salle de sport
Dernière donnée, et pas la moindre : près de la moitié des femmes interrogées, 46 %, souhaitent un espace réservé aux femmes là où elles s’entraînent. Le HuffPost en a fait la légende de sa photo d’ouverture.
Je lis ce chiffre comme une demande très concrète, pas comme un repli. Une zone de poids libres où l’on fait ses hip thrusts sans public. Un coin étirements à l’écart du plateau principal. Sud Radio note d’ailleurs que des enseignes y répondent déjà avec des zones ou des créneaux réservés.
Pourquoi le sexisme en salle de sport compte pour votre santé et votre pratique
On pourrait ranger le sujet dans la case société et passer à autre chose. Ce serait passer à côté de l’essentiel. Une salle de sport, c’est d’abord un outil de santé : du cardio, du renforcement musculaire, et surtout de la régularité. Tout ce qui pousse à y aller moins souvent, ou à écourter ses exercices, finit par se voir sur la forme physique. Une séance raccourcie parce qu’on se sent observée, c’est une séance de moins.
Si vous vous entraînez, mon conseil tient en deux gestes. D’abord, choisissez votre salle aussi pour son ambiance, pas seulement pour ses machines : passez-y à l’heure exacte où vous comptez venir, et regardez qui occupe la zone des poids libres. Ensuite, si un comportement vous gêne, parlez-en à l’accueil ou au coach présent. Une équipe ne peut agir que sur ce qu’elle sait.
Pour aller plus loin, l’article du HuffPost du 17 octobre 2025 détaille d’autres chiffres, comme les 45 % de femmes mal à l’aise dans la zone des machines de musculation, et reste la meilleure porte d’entrée. Il est court, précis, et publié dans la rubrique Life du média, qui regroupe aussi les sujets Bien-être et Santé.




